Sandrine Texier: «J'accueille les chevaux, je les nourris,
les loge, je les sors tous les jours,
et si nécessaire je les travaille.»
• photos J.-P. C.
Jean-Pierre COFFIN
Entre champs et vignes, à un galop de Cognac, l'Ecurie du Plantis
vient de naître d'une passion: celle de Sandrine Texier pour la nature
en général et les chevaux en particulier. «Elle
a bien du courage» disent ses voisins viticulteurs et agriculteurs
en parlant de la jeune Parisienne menant seule son exploitation. «Ils
sont super-gentils avec moi, et m'apportent toujours leur aide quand j'en
ai besoin» répond Sandrine Texier en écho. Rien
ne semble faire peur à ce petit bout de femme de 25 ans. Pas peur
d'avoir les pieds dans la boue en tout cas, ni de manier la fourche ou de
se lever tôt et se coucher tard.
La passion de Sandrine Texier pour les chevaux ne date pas d'hier. «Je
suis montée à cheval, enfin sur un poney, à deux ans
et demi» confie-t-elle à peine étonnée de
n'avoir jamais quitté depuis, la plus belle conquête de l'homme.
A Paris les loisirs en pleine nature sont plus difficiles à pratiquer
qu'en province. Et surtout beaucoup plus onéreux. «Pendant
mes années de collège et de lycée, je montais une fois
par semaine seulement». Mais pour compenser ce peu d'exercice
à cheval il y a les vacances chez les grands-parents, à Rouillac.
«Là j'en profitais pour pratiquer beaucoup plus souvent
l'équitation, au centre équestre des Bouchauds».
Dès 8 ans la jeune Sandrine enchaîne les concours à
poneys, puis à cheval, jusqu'à participer aux championnats
de France. «En hunter, compétition où l'on note
les qualités techniques, le style du cheval et du cavalier sur un
parcours d'obstacles. Le temps ne compte pas».
«Je devais garder les vaches»
Comme il faut préparer l'avenir la jeune fille s'inscrit au lycée
agricole de L'Oisellerie à La Couronne. «En section vente
de produits frais» rigole-t-elle aujourd'hui, plantée
au milieu de sa ferme. «Elevage aurait peut-être été
préférable». Surtout que dans le même temps
elle commence à élever des poneys, (des welsh), avec ses trois
chevaux de concours, dans son lopin de terre de Soyaux. Sandrine Texier
ignorait alors qu'à Cherves-Richemont Jean-Claude Vaud voulait passer
la main, sans pourtant laisser sa ferme à n'importe qui, pour la
voir se transformer en n'importe quoi. «C'était l'occasion
de m'installer, mais pour acquérir la ferme du Plantis je devais
garder les vaches. Au moins un certain temps».
Une écurie de propriétaires
Pendant trois ans elle va s'occuper des quinze vaches laissées avec
la cession des bâtiments par Jean-Claude Vaud. Traite matin et soir,
entretien, fauchage. «Il m'a appris tout cela, précise
Sandrine Texier, par contre il n'a pas exigé que je garde les
moutons».
A son arrivée à Cherves en 2004 la jeune femme est accompagnée
de huit chevaux, dont Fonix, avec lequel elle a gagné de nombreux
concours. «A ce stade il est préférable d'avoir
sa propriété. ç a réduit les frais de pension».
Mais ce n'est pas la seule raison. Sandrine Texier veut faire de l'élevage
et consacrer tout son temps à sa passion, les chevaux. Passé
les trois années de vaches laitières, elle ouvre une écurie
de propriétaires. «J'accueille les chevaux, je les nourris
et je les loge, je les sors évidemment tous les jours, et si nécessaire
je les travaille». L'ancienne ferme de Jean-Claude Vaud devient
l'Ecurie du Plantis. Les chevaux y viennent en vacances, en retraite, où
y passer du bon temps, quand leur cavalier a besoin de prendre l'air.
Il y a là quatre hectares de prés et vingt et un hectares
de champ pour le foin et l'orge. Sandrine Texier n'a aucun complexe à
grimper sur le tracteur haut de deux fois et demi sa taille, pour labourer,
passer la herse, faucher. «Je fais le foin, je sème et
je récolte l'orge». Certes Nadine, sa maman est toujours
là pour donner un coup de main si nécessaire. «Et
les voisins répondent toujours présents s'il y a un problème»
dit-elle.
Et puis le bonheur c'est tout de même de pouvoir reprendre les concours.
«Quand j'avais les vaches, avec la traite deux fois par jour,
ce n'était plus possible». Son étalon Merlemont
d'Artagnac a une belle réputation et ses saillies sont recherchées.
Avec une jument «selle français» et deux juments welsh,
l'élevage prend de l'ampleur, à raison d'un poulain par an
pour chacune. «Ils sont débourrés sur place, et
donc prêts à être montés lorsqu'ils sont mis en
vente» explique la responsable.
A Cherves la jeune femme a trouvé sa petite maison dans la prairie
avec l'Ecurie du Plantis et compte bien y concilier son bonheur et sa passion
des chevaux.









